mardi 18 août 2009

Le "serpent chevelu" des Touareg d'Henri Bissuel


Le commandant Bissuel, dans ses ouvrages sur les Touareg, mentionne un "serpent chevelu" :

"Un autre serpent, plus petit, il n'a que quatre fois la longueur de l'homme, est désigné simplement sous le nom générique d'achchel : il a une touffe de poils sur la tête."

Deux ouvrages de cet officier français sont disponibles sur Google Books (http://books.google.com/)


Pour en savoir plus :

BISSUEL, Henri
1888 Les Touareg de l'ouest. Alger, Alphonse Jourdan : 71.
1891 Le Sahara français. Alger, Alphonse Jourdan : 154-155.

lundi 17 août 2009

L'homme sauvage pyrénéen de Leroy


Dans un ouvrage sur l'exploitation forestière pour la construction navale, l'ingénieur Julien-David Leroy décrit en 1776 un "homme sauvage" de la forêt d'Iraty dans les Pyrénées, précisant notamment :
"Cet homme étoit de la plus grande taille, velu comme un ours, et alerte comme les hisards [isards]...".
L'ouvrage peut être téléchargé sur http://www.archive.org/
Pour en savoir plus :
LEROY, Julien David
1776 Mémoire sur les travaux qui ont rapport à l'exploitation de la mâture dans les Pyrennées. Londres : 8-9.

samedi 8 août 2009

Le poulpe géant de Louis Choris


Lors de l'expédition du Rurik (1815-1818), le grand navigateur Otto von Kotzebue et le naturaliste français (mais réfugié en Prusse) Adelbert von Chamisso, recueillirent des rumeurs sur des poulpes géants dans l'extrême nord du Pacifique.
Louis Choris, peintre de cette expédition, a publié en 1820 un ouvrage aux illustrations somptueuses, et c'est le baron Georges Cuvier, qui les a commentées sur le plan zoologique. En particulier, l'une d'elles montre un chapeau en bois aléoute sur lequel sont peints divers animaux marins, ainsi commentés par le père de l'anatomie comparée :

"en i, est un poulpe, et en k, un calmar à bras courts. Leur grandeur relativement aux cétacés qui les entourent, ferait croire qu'il y a en effet dans leurs parages du nord des espèces de ce genre de taille monstrueuse, et telles que certains écrivains prétendent qu'il en existe."

L'ouvrage est numérisé en mode image sur le site du Humboldt Project :
http://humboldt.mpiwg-berlin.mpg.de/05.sources.htm


Pour en savoir plus :

CUVIER, Georges
1820 Chapeau de bois sur lequel sont peints divers animaux marins. In : Louis CHORIS, Voyage pittoresque autour du monde, Paris, Firmin Didot : 21-22.


Le poulpe géant de Kotzebue, Chamisso et Choris (et d'autres témoignages) pourrait être le poulpe pointillé du nord Pacifique Octopus dofleini ou une espèce encore inconnue, et le calmar géant certainement un Architeuthis. L'un et l'autre ne furent décrits scientifiquement que près de 40 ans plus tard, mais ceci est une autre histoire...

Livre sur le coelacanthe de Hans Fricke


Hans Fricke, un spécialiste du coelacanthe, a publié en 2007 un livre sur ce poisson, et il revient très longuement sur l'énigme des coelacanthes en argent, ainsi que sur des témoignages inédits antérieurs à la découverte du coelacanthe indonésien.

Des extraits de ce livre peuvent être consultés sur Google Books (http://books.google.com/)


Pour en savoir plus :

FRICKE, Hans
2007 Die Jagd nach dem Quastenflosser. München, Verlag C. H. Beck.

mardi 4 août 2009

Survivance récente du Porphyrio paepae


Dans son livre sur les oiseaux éteints du Pacifique, Extinction and biogeography of Tropical Pacific birds (2006), David W. Steadman consacre quelques lignes à un oiseau mystérieux d'Hiva-Oa (Marquises), et cite largement mes recherches sur ce sujet.
Il écrit en effet :

"Clark (1982) croyait qu'un oiseau semblable à la poule d'eau (Porphyrio porphyrio, proto-polynésien kalae) a dû exister dans les îles Marquises ou de la Société [...]. Raynal (1980-1981) notait que le nom marquisien de koau se rapporte à un oiseau incapable de voler avec un plumage violacé qui existait au début du 20ème siècle à Hiva Oa. Avec prescience, il proposait que le koau était apparenté aux grandes formes de Porphyrio de Nouvelle-Zélande (P. hochstetteri sur l'Île du Nord, P. mantelli sur l'Île du Sud ; Trewick 1996). En 1986-1987, j'ai découvert 19 os d'une espèce non décrite de talève ultérieurement nommée Porphyrio paepae, dans des sites archéologiques de Hiva Oa et Tahuata (Steadman 1988). Bien que supportant les propositions de Clark (1982) et Raynal (1980-1981), cette découverte ne résout pas la divergence entre kalae et koau. Les ossements de Tahuata ont 700 à 800 ans (Steadman & Rolett 1996, Rolett 1998), et ceux d'Hiva Oa sont probablement d'un âge semblable.
"Raynal & Dethier (1990) ont suggéré qu'une recherche "cryptozoologique" soit faite à Hiva Oa pour voir si Porphyrio paepae, la talève marquisienne, existe encore. Je suis d'accord que le terrain accidenté d'Hiva Oa mérite plus d'exploration ornithologique qu'il n'en a reçu. Bien que je doute que P. paepae existe encore, je serais le premier à m'en réjouir si c'était le cas. Mes chances de m'en réjouir ont été augmentées récemment par la découverte qu'une talève, présumée être P. paepae, a pu survivre à Hiva Oa au moins jusqu'en 1902 après J.C., l'année où elle a apparemment été dépeinte sur un tableau fait sur place par Paul Gauguin (Raynal 2002). Une recherche fructueuse de P. paepae vivant peut donc nécessiter qu'il n'ait survécu que 100 ans après sa dernière documentation, plutôt que six ou sept-cents ans."

Quelques passages du livre (dont celui-ci) peuvent être lus en ligne sur le site de vente de livres http://www.amazon.com/.

Pour en savoir plus :

STEADMAN, David
2006 Extinction and biogeography of Tropical Pacific birds. Chicago, The University of Chicago Press : 105-106.

Pour tout savoir sur ce dossier, étudié in extenso sur mon site :
http://pagesperso-orange.fr/cryptozoo/dossiers/hiva_oa.htm
Michel RAYNAL

lundi 3 août 2009

Poulpe colossal et Serpent-de-Mer dans "Of Sea and Shore"


Le magazine trimestriel Of Sea and Shore, spécialisé dans les coquillages marins (la conchyliologie), a publié au cours des années une trentaine d'articles du cryptozoologue américain Gary S. Mangiacopra, notamment sur les poulpes géants et le grand serpent-de-mer.

Le contenu intégral de cette revue, du volume 1 au volume 23 (soit près de 90 numéros) a été numérisé et peut être téléchargé sur le site Internet du magazine :
http://www.ofseaandshore.com/magazine/backissue.php

J'estime désormais que le "monstre de Floride" de 1896, que Mangiacopra et moi-même pensions être les restes d'une nouvelle espèce de poulpe colossal, n'est en fait qu'un fragment de la tête d'un cachalot (réservoir à spermaceti), comme on a pu le vérifier sur le "blob du Chili" de 2003, quasiment identique. Mais ceci est une autre histoire...

dimanche 2 août 2009

La baleine "otta sotta" des Basques et le "pongo" de Battell


En 1611, la Compagnie de Moscovie donnait des instructions à Thomas Edge, pour rechercher divers cétacés, dont une baleine mystérieuse connue des Basques sous le nom de otta sotta (ou plus exactement, sans doute, otazotz) :

"La quatrième sorte de baleine est appelée otta sotta et elle est de même couleur que le trumpa [cachalot], ayant des fanons tout blancs dans sa bouche, mais de moins d'un demi-yard de long [40 cm], plus épaisse que le trumpa, mais pas aussi longue ; elle fournit la meilleure huile, mais pas plus que trente barriques."

Ce livre est entièrement numérisé en mode image (format JPEG) dans "The Kraus Collection of Sir Francis Drake" sur le site de la Library of Congress de Washington :
http://memory.loc.gov/intldl/drakehtml/rbdkhome.html

Pour en savoir plus :

PURCHAS, Samuel
1625 Hakluytus postumus, or Purchas his pilgrimes. London, printed by William Stansby for Henrie Fetherstone, 3 : 471.

Encore une fois, ce témoignage fait irrésistiblement penser à la baleine grise de Californie, un des seuls mysticètes ayant des fanons blancs.

On trouve dans le même ouvrage (volume 2, pp. 981-982) la première mention non-équivoque du gorille sous le nom de pongo par Andrew Battell. Mais ceci est une autre histoire...

La baleine "scrag" de Paul Dudley


En 1725, dans un article scientifique sur les cétacés de l'Atlantique nord, Paul Dudley décrivait ainsi une baleine différente des espèces connues :

"La baleine scrag (scrag whale) est proche du fin-back [balénoptère], mais au lieu d'avoir une nageoire sur le dos, la partie arrière de son dos est tourmenté (scragged) d'une demi-douzaine de bosses ; elle est très proche de la baleine franche pour l'aspect et la quantité d'huile ; son fanon est blanc, mais ne se plie pas."


On peut trouver ce document sur le site Gallica de la Bibliothèque Nationale de France :
http://gallica.bnf.fr/

Pour en savoir plus :

DUDLEY, Paul
1725 An essay upon the natural history of whales, with a particular account of the ambergris found in the sperma ceti whale. Philosophical Transactions of the Royal Society of London, 33 : 256-269.

Il a été suggéré que la baleine scrag est une population atlantique, disparue à l'époque historique, de la baleine grise de Californie (Eschrichtius robustus), qui ne vit aujourd'hui que dans le nord du Pacifique. Mais ceci est une autre histoire...

L'oiseau inconnu de l'expédition Malaspina


Storrs L. Olson, un ornithologue spécialiste des rallidés, a consacré un article aux oiseaux rencontrés par l'expédition espagnole Malaspina, à la fin du dix-huitième siècle.
En particulier, un râle inconnu de Vava'u (du groupe des Tonga, dans le Pacifique) est très bien dessiné, probablement un Gallirallus aujourd'hui éteint.

L'article est disponible sur le site du National Museum of Natural History :
http://si-pddr.si.edu/dspace/handle/10088/5


Pour en savoir plus :

OLSON, Storrs L.
2006 Birds, including extinct species, encountered by the Malaspina expedition on Vava'u, Tonga, in 1793. Archives of Natural History, 33 [n° 1] : 42-52.

samedi 1 août 2009

Le "Stollenwurm" dans la faune des Alpes de Tschudi


Le naturaliste suisse Friedrich von Tschudi a lui aussi mentionné le Stollenwurm dans son ouvrage sur la faune des Alpes (1853), désormais numérisé sur Google Books (http://books.google.com/).


Il écrit notamment :
"Dans l'Oberland bernois et le Jura, on trouve encore aujourd'hui très répandue la croyance qu'il y a des Stollenwürmer, c'est-à-dire des serpents épais de 3 - 6 pieds [0,90 - 1,80 m] de long, avec deux courtes pattes, qui n'apparaîtraient qu'après une longue sécheresse à l'approche d'un temps de pluie, et beaucoup de gens honnêtes et dignes de foi assurent qu'ils ont vu eux-mêmes de tels animaux. En 1828, un paysan du canton de Solothurn [soleurois] trouva dans un marais asséché un semblable animal mort, et il le mit de côté pour le porter au professeur Hugi. Mais entre-temps, les corbeaux le dévorèrent à moitié. Le squelette arriva à Soleure, où on ne fut pas savant à son sujet, puis il arriva à Heidelberg sans qu'on apprenne quelque chose d'autre sur son sort."


Pour en savoir plus :

TSCHUDI, Friedrich von
1853 Das Thierleben der Alpenwelt. Leipzig, J.J. Weber : 152-153.

Le "Stollenwurm" de Johann Rudolf Wyss


Le grand folkloriste suisse Johann Rudolf Wyss, qui compléta et publia le célèbre "Robinson suisse" de son père le pasteur Johann David Wyss, a consacré un passage de son livre Reise in das Berner Oberland (Voyage dans l'Oberland bernois) (1817) au Stollenwurm, équivalent helvète du Tatzelwurm autrichien.

Le livre est désormais numérisé sur Google Books, et l'on peut notamment y lire (auf deutsch, natürlich !) :
"La description qu'on en donne est celle d'un gros serpent muni de 2, 4 pieds et davantage, épais et très courts, comme ceux des chenilles."


Pour en savoir plus :

WYSS, Johann Rudolf
1817 Reise in das Berner Oberland. Bern, J. J. Burgdorfer : 421-424.

Le "salvage" embarqué sur le bateau du frère Gumilla


Un missionnaire jésuite du 18° siècle, le frère Gumilla, rapportait que sur le bateau le ramenant du Venezuela en Espagne, on transportait un féroce salvage (sauvage) pour la ménagerie du roi.

L'ouvrage de Gumilla peut être téléchargé sur le site de la Biblioteca Nacional de España :


Pour en savoir plus :

GUMILLA, Joseph
1745 Historia natural, civil y geografica de la naciones situadas en las rivieras del Rio Orinoco. Barcelona, Imprenta de Carlos Gibert y Tuto, 2 : 49-50.

J'ai quelque raison de croire que le salvaje du haut-Orénoque est une version mythifiée de l'ours à lunettes des Andes (Tremarctos ornatus), mais ceci est une autre histoire...